LE CANULAR DES 13 CRÂNES DE CRISTAL :

ENCORE UN MYTHE QUI S'EFFONDRE :

Apparus au XIXème siècle, ils ont rapidement été auréolés de mystère et présentés comme des reliques de la civilisation Maya, utilisés pour des rites sanglants.
Mais cela n’est pas la seule raison de leur célébrité. Selon certains, ils possèdent des pouvoirs surnaturels.
À partir du XIXème siècle, plusieurs crânes datant prétendument de l’ère précolombienne ont été découverts dans le monde.
Ces crânes ont été sculptés dans du cristal de roche, or les Amérindiens n’avaient pas d’outils capables de sculpter un matériau aussi dur.

En fait, une analyse poussée des crânes montre des traces faites par une meule spéciale, une machine conçue en Europe au XIXème siècle. Les crânes sont donc le fruit du travail de faussaires très doués. François Gendron, archéologue au département de préhistoire du Muséum national d’histoire naturelle, affirme que les ethnologues du monde précolombien ne connaissent ni crânes de cristal ni légende attachée à ces objets.
En clair, la légende des 13 crânes de cristal a été entièrement inventée. Ils sont célèbres dans le monde entier, sont parés de vertus ésotériques et ont été les héros de plusieurs film, dont le dernier Indiana Jones. Mythiques, mystérieux, soupçonnés parfois d'avoir été façonnés par les extra-terrestres, les 13 crânes de cristal ont fasciné les collectionneurs depuis leur apparition.

À l'époque, un antiquaire français, Eugène Boban, spécialisé dans les antiquités précolombiennes, met en vente des crânes façonnés dans du cristal de roche, présentés le plus souvent comme des objets d'art maya fabriqués il y a 3 500 ans. La légende s'est emparée alors de ces mystérieux crânes, auxquels on prête des pouvoirs surnaturels : réunis en cercle, les 13 crânes de cristal existant auraient le pouvoir d'empêcher la fin du monde, prévue selon le calendrier maya le 21 décembre 2012. Selon les recherches effectuées par un artisan graveur d'un village allemand, les mystérieux crânes de cristal ne viennent pas d'une autre planète, ni même d'Amérique du sud.
Ils auraient juste été fabriqués à la fin du XIXème siècle dans les environs du village allemand de Idar-Oberstein, en Rhénanie-Palatinat.

Ce village allemand typique présente une particularité : il se trouve à quelques kilomètres des mines de Idar-Steinkaulenberg. Depuis 5 siècles, elles produisent des pierres semi-précieuses et des cristaux de valeur dont les plus beaux exemplaires sont présentés dans les musées de la région. Lorsque Wilfried Rosendahl, commissaire au musée Reiss Engelhorn de Mannheim, a organisé une exposition sur le culte des crânes à travers les époques et les continents, il s'est tourné vers un atelier de Idar. Il voulait obtenir une réplique d'un des célèbres crânes de cristal et s'est adressé à un des sculpteurs et graveur sur pierre de l'endroit.
Le résultat est impressionnant, au bout de 1 an de travail, le sculpteur Michael Peuster a réalisé un crâne de cristal de 4 kg en tout point semblable à la douzaine d'exemplaires connue à travers le monde. Aucun découverte de crâne en territoire maya n'a jamais été formellement documentée, et on ne trouve pas trace de tels crânes dans les archives mayas. Au contraire, des études ont prouvé que les crânes avaient été fabriqués il y a 150 ans au plus tôt, les techniques et les outils nécessaires à leur fabrication n'existant pas avant 1850.

Lorsque Anna Mitchell-Hedges décède, en 2007, le pot aux roses est révélé depuis déjà longtemps.
Le crâne de provenance inconnue offert à la Smithsonian Institution a soulevé une vague de scepticisme.
Dès 1992, il a été soumis à une étude approfondie, menée par une spécialiste des civilisations méso-américaines, Jane MacLaren Walsh.
Celle-ci discerne d'abord des traces infimes de polissage d'une régularité linéaire indiquant l'usage de fraises mécaniques -inconnues des Aztèques ou des Mayas.
Un meulage manuel aurait laissé des rainures aléatoires.

Selon elle, il s'agirait donc d'un faux, et même d'une copie tardive, probablement réalisée vers les années 1950.
De leur côté, les archéologues américanistes n'ont jamais cru à l'authenticité des crânes de cristal, car aucun objet de ce type n'a jamais été mis au jour lors de campagnes de fouilles.
D'ailleurs, de tels artefacts ne correspondent en rien aux critères esthétiques des civilisations aztèque, mixtèque ou maya.
Certes, le crâne humain y est parfois représenté, mais sous la forme de masques rituels en mosaïque turquoise ou d'éléments d'architecture, en basalte ou en calcaire. Jamais de crânes transparents.

Depuis le Moyen-Âge et pendant plusieurs siècles, les artisans du lieu ont travaillé les pierres semi-précieuses et les cristaux des mines voisines du Steinkaulenberg.
Dans la seconde moitié du XIXème siècle, à court de matière première, ils ont commencé à importer des blocs de quartz du Brésil et de Madagascar.
La mode est alors au spiritisme, et la bonne société victorienne aime utiliser des boules et des crânes de cristal pour invoquer les âmes défuntes.
Récemment, Michael Peuster, descendant d'une lignée de graveurs et de sculpteurs de la région, a retracé le parcours de ses ancêtres.
Ceux-ci s'étaient rendus à Milan et à Paris pour apprendre les nouvelles méthodes de gravure et de polissage du cristal de roche.
De retour en Allemagne, ils avaient oeuvré dans la discrétion pour satisfaire les commandes des amateurs étrangers.

LE MYTHE DES CRANES ALLONGÉS AYANT UNE ORIGINE EXTRATERRESTRE :

En Chine, pendant un millénaire, on a bandé les pieds des petites filles afin qu'elles les gardent aussi petits que possible, ce qui était un symbole de richesse et de distinction. Dans les Andes, dans ce qui est le Pérou actuel, on bandait les crânes des bébés afin de leur donner une forme différente de tout un chacun.
Et il semble bien, d'après une étude d'un professeur d'anthropologie de l'université Cornell (USA), que ces modifications crâniennes aient là aussi été motivées par le rang social.

La Colca Valley, dans le Sud-Ouest péruvien, est encore aujourd'hui habitée par des descendants des peuples andins pré-incas (principalement Collaguas et Cavanas), qui pratiquent toujours les étonnantes cultures en terrasse.
Mais elle abrite aussi de très nombreuses tombes datant de 1100 à 1450. Celles-ci ont livré beaucoup de crânes aux formes très bizarres, dont les fameux crânes allongés. Certains se sont empressés d'y voir des créatures extraterrestres. Des analyses d'ADN en 2017 ont montré qu'il n'en était rien.
Ces formes bizarroïdes étaient obtenues, estiment les spécialistes, par des procédés de contrainte mécanique alliant armature en bois et tissus ou cuirs.
Le crâne d'un nouveau-né est relativement flexible et peut être modelé s'il est mécaniquement contraint assez tôt.

Matthew Velasco a analysé 211 crânes provenant de sépultures de la Colca Valley. Il a constaté qu'il faut attendre aux alentours de l'année 1300 pour voir apparaître des crânes modifiés.
Et leur nombre va croître constamment dans ce siècle. Deux groupes ethniques se différencient.
Le premier, les Collaguas, donnait une forme allongée et plus étroite aux crânes de leurs enfants.
Le deuxième groupe, les Cavanas, donnait une forme plus large, plus trapue à leurs têtes. Avec une légère prédominance des allongés.
Le fait de pratiquer ces modifications semble avoir créé des liens entre les deux groupes, surtout vis-à-vis des groupes extérieurs, comme les Incas.

"Ces modifications des formes crâniennes semblent avoir conduit à la création d'une nouvelle identité collective." : estime le bioarchéologue.
"Cela a dû favoriser l'émergence de différences sociales, la forme modifiée devenant le symbole d'une appartenance à une élite, renforçant ainsi leur unité et leur coopération scientifique."
Ainsi, Matthew Velasco a-t-il pu déterminer que les femmes aux crânes modifiées avaient accès à une nourriture meilleure et plus variée que les autres.
Il a aussi trouvé dans un texte espagnol des conquistadors une référence à un groupe modelant leurs crânes en forme de cônes rappelant celui des volcans.
"Si cela est vrai, cela signifie que la transformation n'est pas esthétique mais est le signe d'un sentiment religieux profond."
Le modelage des crânes des bébés serait originaire des peuples Scythes d'Asie centrale et on en trouve des exemples un peu partout dans le monde, jusqu'en Australie.

Les mangbetu sont des nilo-soudanais, originaire de la Nubie. Ils se sont installés vers le XVIIème siècle.
Ils ont le crâne allongé artificiellement, signe de beauté et d'intelligence.
A la naissance, la tête du bébé est enveloppée dans des cordelettes pendant la première année de vie avant la consolidation des os du crâne. Cette pratique a disparue depuis les années 1950.
On retrouve la même particularité en Egypte antique surtout à la période amarnienne et chez d'autres peuples du monde.
La reine Néfertiti, qui signifie la belle est venue, viendrait probablement selon les égyptologues d'une tribu proche des Mangbetu.
Certaines théories farfelues trouvent là la preuve que se sont des aliens venus de l'espace, qui serait à l'origine des grandes civilisations africaines et sud américaines.
C'est au contraire une preuve que les échanges entre les peuples du monde n'ont pas commencé avec les explorateurs occidentaux.

On constate en effet par la suite une omerta sur les recherches ne citant pas de bandelettes ou de systèmes avec bois pour expliquer les déformations craniennes... et on fait disparaître des cranes ou des foetus ne correspondant pas à la décision officielle, presqu'automatiquement... et pourtant, il reste encore des preuves :
Certains exemples de crânes allongés qui ont été trouvés à travers le monde ne sont ni le résultat d'une déformation congénitale (malformations congénitales), ou une déformation infligée (crânienne de liaison), en laissant la solution d'un génotype hérité. Quelque chose qui ne cadre pas bien avec certains anthropologues.
Sans un programme de tests d'ADN approprié, il reste impossible de déterminer quels crânes étaient le résultat de la déformation artificielle de ceux qui, le cas échéant, ont eu un trait génétique naturel (tels que les cheveux, la couleur des yeux...). Le manque de tests crédibles dans ce domaine (et la disparition des crânes maltais) a grandement contribué au niveau actuel de malentendus dans ce domaine d'étude.
Il y a toujours des cas d'exception dans le dossier médical, mais avec un intérêt particulier ici, c'est le fait que le volume de certains de ces crânes a été trouvé de deux fois celui d'un crâne normal, et avec lui une capacité cérébrale accrue, ce qui soulève la question évidente : Comment est-il possible d'augmenter la capacité du crâne et de cerveau chez un être humain, sauf si elle est causée par le génotype, et quel est l'effet sur ​​l'individu. ?

Dr Tschudi propose : " ... les physiologistes sont sans aucun doute dans l'erreur lorsqu'ils supposent (pour la dolichocéphalie) que cette race péruvienne est exclusivement artificielle. Cette hypothèse repose sur des motifs insuffisants. Ses auteurs ont pu faire leurs observations uniquement sur des crânes d'adultes... (Toutefois) deux momies d'enfants (analysées en Angleterre)... ont appartenu à la tribu des Aymaraes. Les deux crânes (Tous deux de rares enfants vieux d'un an), avaient à tous les égards la même forme que ceux des adultes. Nous avons observé le même fait dans de nombreuses momies d'enfants en bas âge... "
Paracas est une péninsule désertique située dans la province de Pisco dans la région de l'Inca, sur la côte sud du Pérou.
C'est ici qu'un archéologue péruvien, Julio Tello, a fait une découverte étonnante en 1928 – un cimetière contenant des tombes remplies avec les restes de personnes avec des crânes allongés - une des découvertes les plus complexes et importantes trouvées n'importe où dans le monde.