LES EXPÉRIENCES ET LES MANIPULATIONS GÉNÉTIQUES :

DES SCIENTIFIQUES ONT CRÉÉ DES HYBRIDES :

Une équipe conjointe de chercheurs chinois et américains a découvert qu’un groupe de singes présentait un développement cérébral humain, y compris des réactions plus rapides et de meilleurs souvenirs, après que cette équipe eut intégré un gène humain dans leur constitution génétique.

Des chercheurs de l’institut de zoologie de Kunming de l’Académie Chinoise des Sciences (CAS) et de l’Université de Caroline du Nord aux États-Unis ont modifié les gènes de 11 singes (huit de première génération et trois de deuxième génération) en ajoutant des copies du gène humain MCPH1.
La microcéphaline (MCPH1) est un facteur clé du développement de notre cerveau et, en particulier, de sa taille éventuelle.
Les mutations dans le gène peuvent mener à la microcéphalie du trouble du développement, qui se caractérise par un cerveau minuscule.

Les chercheurs ont ensuite utilisé des techniques d’imagerie cérébrale et de prélèvement de tissus pour surveiller le développement du cerveau des singes transgéniques.
Leurs résultats ont montré un modèle modifié de différenciation cellulaire au moyen de cellules souches neuronales en neurones et cellules gliales (deux composantes essentielles du système nerveux central), plus étroitement associées aux humains qu’aux singes.
Le cerveau des singes s’est également développé à un rythme plus lent que la normale, selon un schéma semblable à celui du retard de développement chez les humains (appelé néoténie).
Le cerveau humain met beaucoup plus de temps à se développer et à affiner ses réseaux neuronaux que celui des primates, ce qui signifie que nous avons une enfance bien plus longue par rapport à nos cousins primates.


Les singes dotés de ce gène humain ont présenté une meilleure mémoire à court terme et des temps de réaction plus rapides que les singes rhésus sauvages du groupe témoin.
Bien qu’il ne s’agisse que de la première étape dans ce domaine spécifique de la recherche sur le neurodéveloppement transgénique, il pourrait ouvrir la voie à d’importantes recherches sur les troubles neurodégénératifs et sociaux du comportement chez les humains.

Il existe des millions d’animaux transgéniques, créés en laboratoires à des fins de recherche : principalement des rats, mais aussi des lapins, des chèvres, des chiens, des vaches...
Ils sont utilisés pour étudier les mécanismes génétiques, mimer des maladies humaines, tester ou synthétiser des molécules.
D’après le Daily Mail, en 2007, 3,2 millions d’expériences ont eu lieu sur des animaux transgéniques, une augmentation de 6% par rapport à 2006.
L'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) en France, par exemple, a dès la fin des années 90, modifié génétiquement par transgenèse des animaux.
Louis-Marie Houdebine, chercheur à l’INRA, a ainsi créé un lapin fluorescent qu’un artiste, Eduardo Kac, a ensuite médiatisé.
Dans la même veine, un programme de recherche médicale de l’Inra utilisait des brebis transgéniques, elles aussi fluorescentes.
Preuve qu’on ne maîtrise jamais totalement la sécurité de ces programmes de recherche, une agnelle transgénique a été vendue pour sa viande à un particulier, en 2014.
L’INRA a dénoncé cet acte malveillant, reconnaissant un dysfonctionnement interne.


Avril 2014, le Brésil a autorisé la dissémination commerciale dans l’environnement du moustique Aedes aegypti transgénique (OX513A) de l’entreprise britannique Oxitec (liée à Syngenta).
Au Brésil, la production a commencé : plusieurs usines ont déjà été construites. Celle de Juazeiro (état de Bahia) produit des milliers de moustiques transgéniques depuis 2011.
Ce moustique transgénique stérile est censé permettre de lutter contre la dengue.
Des essais en champs ont été réalisés par Oxitec dans les îles Caïmans, en Malaisie, au Panama et au Brésil.
Les prétendus résultats probants de ces essais n’ont toujours pas été publiés.
Cependant, en se basant sur les données communiquées par Oxitec, les organisations de la société civile estiment qu’il faudrait plus de 7 millions de moustiques GM stériles par semaine pour avoir une chance de supprimer une population sauvage de seulement 20 000 moustiques.

Oxitec doit se frotter les mains devant un marché captif aussi prometteur.
Autre faiblesse : 3% d’entre eux ne seront pas stériles, reconnaît Oxitec et en présence d’un antibiotique très répandu, la tétracycline, le taux de survie monte à 15% environ.
Une efficacité à 100% ne serait pas non plus la panacée… L’agence brésilienne précise qu’elle a "identifié la nécessité de surveiller les populations sauvages du moustique Aedes albopictus [le moustique tigre], un autre vecteur du virus de la dengue, en raison du risque que cette espèce occupe la niche écologique laissée par l’élimination de Aedes aegypti."
Et que connaissons-nous avec précision du rôle de Aedes aegypti dans la chaîne alimentaire ?

En 2017, pour la première fois, un saumon a été vendu, au Canada : ces 5 tonnes de filets de saumon transgénique ont rapporté 53 300 $ à l’entreprise.
Il s’agit de la première commercialisation d’un animal transgénique destiné à l’alimentation humaine.
Ce saumon pose de nombreux problèmes tant environnementaux que sanitaires.

Premièrement, selon une étude publiée en 2002, l’hormone de croissance, produite par transgenèse, aboutit à plusieurs dégâts collatéraux.
Ainsi, ces animaux ont une tendance supérieure aux autres à devenir diabétiques et les poissons d’AquaBounty devront probablement être vendus sous forme de filets ou dans des plats cuisinés du fait de leurs difformités. Ensuite, une étude de 2009 montrent que si des poissons transgéniques s’échappent, ils auront tendance à coloniser les saumons non transgéniques, ce qu’avaient déjà montré des chercheurs en 1999.
Autre élément : les poissons transgéniques accumulent plus les toxines dans leur chair que les autres poissons.

On oublie trop que avant d'être impliqué dans une expérience ou d'être consommé, l'animal à une vie relativement belle, dans beaucoup de cas, contrairement à une idée reçue.
Captif, l'animal n'a en effet ni besoin de chercher sa nourriture, ni de se protéger contre les conditions climatiques et les prédateurs ; il est de plus souvent vacciné contre des maladies mortelles.
Les animaux de laboratoire comme les animaux d'élevage sont souvent bien traités, ne serait-ce que pour qu'ils puissent remplir convenablement la fonction qu'on attend d'eux. Les animaux, transgéniques ou non, sont du matériel expérimental souvent très coûteux et d'un maniement relativement délicat.
Pour ces raisons, les expérimentateurs et les industriels préféreraient la plupart du temps ne pas y avoir recours.

- La transgenèse ferait souffrir les animaux :
Une telle affirmation n'a aucune réalité si elle n'est pas nuancée.
Celui qui n'a pas vu des souris transgéniques s'agiter joyeusement, des lapins transgéniques songer paisiblement et des moutons transgéniques ruminer placidement dans leur milieu habituel d'élevage ne peut parler de cette question.
Un animal peut bien entendu subir les méfaits d'un transgène et ce de plusieurs manières.
En s'insérant dans le génome, un fragment d'A.D.N. peut perturber à des degrés divers le fonctionnement de tel ou tel gène de son nouvel hôte, indépendamment de son activité propre.

Ainsi voit-on apparaître chez une faible proportion des souris transgéniques certaines malformations au cours de leur développement.
De manière plus fréquente, la protéine issue d'un transgène peut altérer la santé de l'animal.
La transgenèse n'est donc pas en soi une cause de souffrance pour les animaux.
Elle ne l'est que dans certaines circonstances particulières.

- La transgenèse serait une atteinte à la dignité des animaux :
Certains ne peuvent s'empêcher de voir dans les animaux transgéniques des monstres de sciencefiction.
Il serait bien surprenant qu'il en soit ainsi quand on considère qu'au plus quelques gènes sont ajoutés ou inactivés par la transgenèse.
Ceci est évidemment bien peu en comparaison des 100 000 gènes que doit contenir le génome d'un mammifère.
Il n'est pas inconcevable que la transgenèse conduise un jour à l'obtention d'une nouvelle espèce animale.
Qu'est-ce en regard de ce que fait l'évolution depuis le début de la vie sur terre et souvent sans tendresse particulière pour les espèces préexistantes.

Ce qui choque est, là comme ailleurs, ce qui est nouveau plutôt que ce qui est réellement inadmissible.
Il s'agit autant en la matière de ne pas s'éloigner du bon sens et du bon goût que de suivre des règles éthiques difficiles à établir.
On peut définir un état de souffrance animale avec certains critères scientifiques.
Une espèce ou une race animale dont les individus sont en état fondamental de souffrance ou ne peuvent vivre sans être assistés en permanence ne doit pas être conservée.
L'idée de breveter les animaux paraît à certains comme une abomination contre nature.
Notons tout d'abord qu'il y a une différence fondamentale entre le brevetage des organismes vivants naturels qui n'est pas acceptable (ne serait-ce que parce que leur existence ne résulte pas d'un acte inventif de l'homme) et celui des animaux génétiquement modifiés dans un but précis.
Dans ce domaine d'ailleurs, un nombre d'animaux relativement limité relève de la brevetabilité.
Il peut être plus simple et plus approprié de breveter le gène ou la méthode de transgenèse que les animaux transgéniques proprement dit (Houdebine, 1993).

Tout indique qu'un animal, transgénique ou non, peut être exploité et vendu à prix d'or sans être breveté.
La brevetabilité d'un animal transgénique devrait donc être liée à l'inventif qui a conduit à son obtention et non à son utilité potentielle pour l'humanité ou au degré de souffrance causée par le transgène.
En complément et de manière indépendante du brevetage, l'utilisation des animaux transgéniques devrait être soumise à l'approbation d'un comité d'éthique animal tel que celui qu'ont mis en place les Hollandais.

Ainsi seraient assurés au mieux le respect dû aux animaux et le profit dont doivent légitimement pouvoir bénéficier les chercheurs et les industriels.
Tous ces problèmes devraient trouver leur solution sans tapage, ni grandiloquence, ni emphase.

- La transgenèse appauvrirait la biodiversité :
Cette sentence est pour le moins surprenante dans la bouche de ceux qui reprochent précisément à la transgenèse de créer des animaux nouveaux, donc d'augmenter la biodiversité.
L'idée en réalité est que la transgenèse est un moyen de pousser encore plus loin la sélection génétique et donc de réduire la variété des génomes.
Ce fait pourrait devenir une réalité avec le clonage des embryons par transfert de noyaux, si l'on n'y prenait garde.
Ce problème est si évident qu'il faudrait de la part des généticiens sélectionneurs une extraordinaire négligence pour tomber dans un piège aussi grossier.

En pratique, la transgenèse sera à la l'origine d'une augmentation de la biodiversité.
Elle sera, pendant longtemps en tout cas, beaucoup plus limitée que l'on ne l'imagine souvent.
Les demandes émanant des professionnels de l'élevage sont en effet à la fois relativement modestes et difficiles à satisfaire.
C'est vers une augmentation de la qualité des produits issus des animaux et de la productivité et vers une réduction de la pollution qu'engendrent les élevages que la transgenèse doit aller si elle peut rencontrer quelques succès pratique dans ce domaine et non vers la génération d'animaux nouveaux.