LE PROPHÈTE MOHAMED :

L'AVÈNEMENT DE LA RELIGION DE LA PERFECTION DANS LA RÉGION DU SHAM :

Le Coran nous révèle qu'il est une langue claire, limpide, un rappel et surtout un Livre détaillé et complet !
Cela signifie que ceux qui entendaient sa lecture percevaient une langue commune de l'époque.
Qu'il y ait eu un mélange d'arabe et syro-araméen est dès lors cohérent, lorsque les mots araméens ou syriaques étaient ceux utilisés à l'époque.
D'autre part, ce fait exclut l'authenticité de tout ce que la tradition musulmane affirme concernant La Mecque comme berceau de l'Islam, où l'agriculture, les fruits, la présence des romains et le syriaque étaient inconnu.
Nombre de musulmans réfutent cette présence de syriaque dans le Coran et pourtant, l'historien perse Tabari comme d'autres constataient déjà cette présence.

D'ailleurs quand il est écrit en hébreu, il n'y a aucune différence entre le mot mahmad et Mohamed. La seule différence est dans les voyelles utilisées pour prononcer ce nom Mahmad.
L'hébreu est une langue antique, et il n'y a aucune voyelle.
Il se compose de 22 consonnes. Dans les temps anciens, le lecteur avait décidé de son propre chef quelles voyelles ajouter.
Ce n'est qu'au VIIIème siècle que des voyelles ont été ajoutées, sous forme de points et lignes.
Selon le dictionnaire Hébreu-Anglais de Ben Yehuda, Mahmad se prononce "mahamad" et pas mahmad, ce qui est très approchant de Mohamed.

Mohamed développa un penchant pour la méditation en solitaire ou retraite spirituelle.
Et durant une nuit d'Al Qadr (vers l'an 610 de l'ère chrétienne selon les traditions musulmanes) – dans cette fameuse nuit – il obtint la descente entière du Coran, dont la sourate 73 fut révélée en premier et non pas (les 5 versets de la sourate 96 ou en fragment) comme l'affirme les traditions musulmanes.
"Ô toi, l’enveloppé !..." ici cela nous apporte la preuve évidente que cette révélation est bien descendu entre septembre et décembre, 'l'enveloppé' est un détail pour connaître la saison comme pour Moïse vers la montagne Horeb qui vit un buisson en feu pour aller en ramener afin de les rechauffer...
"... Nous te donneronsun message dense (des paroles lourdes)." ce passage de la sourate 73 nous parle de révélation qui va lui être révélée ce qui a plus de sens, non ?


Ô toi l’enveloppé.
Médite durant la nuit, excepté rarement. La moitié de celle-ci, ou un peu moins. Ou un peu plus.
Et lis le Coran de la première à la dernière page. Nous te donnerons un message dense.
Coran sourate 73 verset 1 à 5


Moïse reçoit la révélation en hiver en voyant ce buisson ardent au loin afin de pouvoir se réchauffer lui et sa famille tout comme Jésus qui naquit en hivers selon la Bible :


Moïse faisait paître le troupeau de Jéthro, son beau-père, sacrificateur de Madïan ; et il mena le troupeau derrière le désert, et vint à la montagne de Dieu, à Horeb.
L'ange de l'Eternel lui apparut dans une flamme de feu, au milieu d'un buisson. Moïse regarda ; et voici, le buisson était tout en feu, et le buisson ne se consumait point.
Bible Exode 3 verset 1 - 2


Je n'aborderai pas le mythe de certains hadiths où le prophète Mohamed est dépeint comme prophète illétré ou de cette pseudo ascension sur une monture ailée mi-homme et mi-cheval (bouraq)...
La plupart des imams veulent garder leur position financière et de pouvoir sans aucune science coranique d'où cet acharnement à conditionner les gens au VIème siècle !
Un autre pseudo hadith rapporté toujours selon eux, par Aïcha comprenant trois parties dont celle qui nous intéresse est la suivante :

"Il (Mohamed) se prit à aimer la solitude et s’isolait en la grotte de Hira... L’Ange vint et dit : lis/récite/iqra !
Il répliqua : Je ne sais pas lire/réciter ! Il raconta ceci : Il me saisit à m’en couper le souffle, jusqu’à la limite de mes forces et, enfin, me relâcha et réitéra son ordre : lis/récite !
Je répondis : Je ne sais pas lire/réciter ! Il me saisit pareillement une deuxième fois à la limite de ce que je pus supporter, desserra son emprise et reprit : lis /récite !
Je répondis : Je ne sais pas lire/réciter ! Une troisième fois il s’empara de moi à m’asphyxier puis me lâcha et dit"
:

Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé, Il a créé l’homme d’un embryon.
Lis, et ton Seigneur, le Plus Exalté. Enseigne au moyen de la plume (le calame). Il enseigne à l’homme ce qu’il n’a jamais su.
Coran sourate 96 verset 1 à 5


UN PROPHÈTE ILLÉTTRÉ OU UN PROPHÈTE IGNORANT DES RÉCITS DES GENS DU LIVRE ?

Quelle révélation l’Esprit a-t-il présenté à Mohamed pour qu'il peine à le lire et lui admette ainsi son illettrisme ?
S’il n’y avait pas de parchemin/manuscrit à lire, la question du prophète aurait dû être : "Qu’est-ce que je lirai ?"
Lis ! - qui partage la même racine que Coran [Qur'ân] – voulait dire 'Prêcher' et l'Esprit demandait donc à Mohamed de prêcher la Parole de Dieu.
Le prophète n’admet en rien son illettrisme, loin de là… il demande à l’Esprit ce qu’il est censé lire...

Ceux qui ont lu le coran, justifieront cet analphabétisme prophétique par les versets 157 et 158 de la sourate 7 qui disent clairement 'le prophète illéttré' [alnnabiyya al-ommiyya]
Pourtant il serait illogique que Dieu lui aurait demandé de lire alors qu'il était analphabète mais il fallait le comprendre par 'le prophète ignorant', ignorant des révélations antérieures des Gens du Livre, nuance ! Or, l’adjectif [ommiyya/ommiyoun] (Ceux qui suivent le Messager) est présent dans six versets du Coran pour décrire le peuple arabe de [ommiyoun]

  • sourate 2 verset 78 : Parmi eux, il y a les ignorants des Écritures qui ne connaissent pas l’Écriture, si ce n’est par ouï-dire, puis présument qu’ils la connaissent.
  • sourate 3 verset 75 : À certains adeptes de l’Écriture, il peut être confié toute une fortune et ils te la rendront....
  • sourate 7 verset 157 : et Ceux qui suivent le Messager, le prophète ignorant des Écritures qu'ils trouvent mentionné chez eux dans la Torah et l'Évangile...

Donc ce mot veut dire qui n’ont pas de Livre, ceux qui n’ont pas reçu ou ceux qui ne connaissent pas le Livre.
Selon Ibn Abbas : Les [ommiyyoun] sont des gens qui ne déclarent véridique aucun apôtre envoyé par Dieu, ni aucun livre révélé par lui, mais ils ont écrit un livre de leurs mains, puis ils disent aux ignorants : cela vient de Dieu. Le Coran lui-même qualifie 'ceux à qui le Livre a été donné' [ommyoun] dans la sourate 3 du verset 20, (ainsi que dans plusieurs autres versets) comme suit : "... Tu proclameras à ceux qui ont reçu l’Écriture, ainsi qu’à ceux qui ne l’ont pas reçue : 'Vous soumettrez vous ?' S’ils se soumettent, alors ils ont été guidés, mais s’ils se détournent, ta seule mission est de délivrer ce message..." Ainsi, le coran définit les juifs et les chrétiens comme 'ceux à qui le Livre a été donné' et les illettrés comme ceux qui n’ont reçu aucune révélation de la part de Dieu dans le passé ! Selon les historiens musulmans, le prophète aurait tenu le commerce de sa femme Khadidja, comment peut-on accepter dès lors qu’il ne sache pas compter ?
Et comment avait-il négocié avec les non-arabes ?
Si c’était le cas pensez-vous que ceux qui savent lire et écrire accepteraient de recevoir un enseignement venant d'un analphabète ?


Tu ne lisais pas les Écritures précédentes, et tu ne les écrivais pas de ta main non plus. Dans ce cas, les négateurs auraient eu des raisons de nourrir des doutes.
sourate 29 verset 48


De ce verset nous comprenons que le prophète était droitier et il n’a jamais écrit ou récité un autre Livre (Evangile ou Torah) à part le Coran.


Puis nous t’avons révélé cette Écriture, en toute vérité, confirmant les Écritures précédentes, et les supplantant.
sourate 5 verset 48


La présence du mot Livre [al Kitab] est une preuve que le prophète n'a pas laissé derrière lui des feuilles mais qu'il a bien rassemblé ce qui lui a été descendu durant une nuit, dans un Livre évident et détaillé ! Il fallait qu'il révèle et compile de sa propre main le Coran, le Dernier Testament pour l'humanité entière et pour conserver la forme de l’écriture coranique (mot proto-arabe sans les voyellles) qui cache encore derrière elle un secret ; jusqu’à maintenant des études sont faites sur les valeurs numériques des lettres.


Ar-Raquim

O, toi (Moḥamed) ! Le revêtu d’un manteau ! Lève-toi et avertis. Et de ton Seigneur, célèbre la grandeur.
Coran sourate 74 verset 1 à 3


On aurait pu s’attendre à ce que 'les compagnons' (étrangement le Coran ne mentionne jamais ces pseudos compagnons, ont-ils réellement existé ?), notamment ceux de la première heure : son épouse Khadija bint Khuwaïlid, le 1er calife Abou Bakr, son cousin et gendre Ali ou le chef des armées Zaïd ibn Haritha, soient ceux qui auraient le mieux été informés sur les débuts de la révélation.
Cependant ce pseudo hadith est de la bouche de Aïcha qui, au mieux, était à cette époque une toute jeune enfant.
Nous ne connaissons cette histoire que par ce hadith, les autres récits transmis en étant des variantes.
Alors qu’il s’agit d’un évènement majeur, pourquoi aucun autre compagnon ou proche du prophète n’a mémorisé et transmis ce récit alors que sur des points de détails les renseignements sont parfois abondants ? Le hadith, que l’on trouve chez Boukhari, ce hadith est donc classifié à un faible degré de certitude.
Encore une fois, pourquoi une seule chaîne de transmission alors que l’on est en droit de supposer que si cet évènement avait été signalé par le prophète de nombreux autres rapporteurs auraient dû transmettre cette information capitale ?

Suivit un intervalle de six mois durant lequel le prophète n’a reçu aucune révélation, toujours selon la tradition musulmane.
En 616, un boycott social et économique aux musulmans à qui on refusait de vendre à manger ou à boire.
Trois longues années durant le prophète et ses compagnons vécurent dans la misère, la faim et la destitution dans une vallée dans les alentours de Pétra ; et à un moment où ils n'avaient aucune lueur d'espoir, leur courage et leur fermeté ont peu d'exemples dans l'histoire de l'humanité.
Des événements décisifs se préparaient. À Yathrib, ville qui prendra plus tard le nom de Médine.

Le départ des familles entières pour Yathrib (l'actuel Médine) bouleversa beaucoup les Qoraïchites, qui à l'instigation de Abou Jahl décidèrent à une réunion de leurs chefs de tribus d'assassiner Mohamed.
La nuit fixée pour cela fut celle du 15 au 16 juillet 622 ; elle fut aussi celle où le prophète avait décidé de quitter sa ville natale selon le dessein de la providence.
Averti du danger qui le menaçait, il quitta la maison sans être vu. En voyant que leur proie leur avait échappé, les conspirateurs dépêchèrent une équipe de pisteurs à sa poursuite.
Cette fuite marque le début de l'histoire de l'Islam, et constitue le début de l'ère musulmane, l'Hégire.

le prophète Mohamed le Messager l'Islam l'Hégire

"Je les fourvoierai, je les tenterai, je leur ordonnerai (d’interdire la consommation de certaines viandes en) marquant les oreilles de bestiaux, et je leur ordonnerai de déformer la création de Dieu."
Quiconque accepte le diable comme seigneur, au lieu de Dieu, a encouru une profonde perte.
Coran sourate 4 verset 119


Il est à noter que Dieu nous laisse a donné le libre arbitre (de choisir de faire le bien ou le mal) mais lorsque l'Homme décide de choisir de faire le mal, pourquoi accusez-vous Dieu d'en être le responsable ?
Et comment peut-on croire que la mort (qui n'est autre que la séparation de l'âme spirituelle et du corp physique) est une fin définitive - ce n'est qu'un passage obligé décrété par Dieu, car toute âme goûtera la mort !
Il y a le bien et le mal mais Dieu avec les révélations nous guide uniquement vers le bien, c'est Satan, notre ennemi juré, qui tente par tous les moyens en son pouvoir de nous guider vers le mal...

S'il y a intervention divine avant chaque méfait comment pourrions-nous être jugés et punis, doit-on être punis juste sur des intentions ?
Et comment reconnaître les gens qui iront au Paradis de ceux pour l'Enfer, car nous sommes sur Terre pour mériter notre place au Paradis par le biais de nos œuvres et dévouement !
Et ceux (hypocrites) qui invoquent l'aide de Dieu seulement dans la détresse comme s'ils se croyaient être honorés auprès de Dieu pour qu'Il puisse répondre à leurs prières !
Entre-nous, l'expression "aide-toi, et le ciel t'aidera" comment le ciel pourrait nous aider alors qu'il est l'un des composants de Sa création ?
Un autre exemple de la manipulation sunnite (pour appuyer leur Sounnah) lors de la traduction des mots arabes (modernes) :


Mohamed n’était le père d’aucun homme parmi vous.
Il était un messager de Dieu et [le dernier prophète = wakhatama alnabiyina]. Dieu est pleinement conscient de toutes choses.
Coran sourate 33 verset 40

Dans ce passage de la sourate 33 le mot arabe [ ختم : khâtam ] signifie 'sceau'.
Mais c'est plutôt [akhar] qui signifie 'dernier'.
le terme [khâtam] dérive de la racine arabe [khatama] signifiant cacheter, clore à l’aide d’un sceau et, en ce sens, sceller.
Dans le Coran le verbe [khatama] a uniquement le sens de apposer un sceau, en l’occurrence le Sceau [khâtam] de Dieu sur le cœur des dénégateurs que l'on retrouve aussi dans la sourate 2 verset 7.

"Aujourd’hui, J’ai complété votre religion..."
Selon eux, la sourate 5 verset 3 étant alors majoritairement considéré comme le dernier révélé.
La cohérence de cette compréhension éminemment apologétique, théologique et quasiment politique ne repose que sur la mise en accord volontairement forcée de ces deux passages, mais pas sur une réflexion quant à la lettre coranique.
Or, nous avons démontré que le segment 'J’ai parachevé pour vous votre religion' n’a absolument pas cette signification.
Au cœur de cette problématique, deux positions s’opposent.

  1. La première est majoritaire :
    tout messager/envoyé [rasul] est aussi un prophète/avertisseur [nabiy], mais tout prophète/avertisseur [nabiy] n’est pas obligatoirement un messager/envoyé [rasul].

  2. La seconde minoritaire soutient l’inverse :
    tout prophète est aussi messager, mais tout messager n’est pas obligatoirement un prophète.

Curieusement, pour parvenir au sens voulu en ce verset l’exégèse a été dans l’obligation de s’appuyer sur la définition minoritaire.
Comme à l’accoutumée un hadith adéquat en lequel l’on fait dire à Mohamed : "Il n’y aura pas de prophète/nabiyy après moi." - Rapporté par Mouslim et Boukhari
L’on note toutefois que ce hadith emploie le terme 'prophète' [nabiyy] et non celui de 'messager' [rasul].

ce verset est classiquement mis en lien avec le paragraphe relatif selon la tradition musulmane à l’affaire dite de Zaïd et de son épouse Zaïnab.
En ce cas, le passage "Mohamed n’était le père d’aucun homme parmi vous..." signifie simplement que Zaïd n’est que le fils adoptif de Mohamed.
Celui-ci indique explicitement que Mohamed ne laissera pas d’héritiers mâles.
Or, dans la culture de ces temps anciens, l’on considérait que tout homme de valeur, notamment tout chef de clan, voyait ses qualités et ses mérites se perpétuer par ses descendants mâles.
Cette affirmation coranique vise ainsi directement à court-circuiter cette croyance ainsi qu’à souligner qu’après la mort du prophète nul ne pourra se prétendre l’héritier de ses fonctions.
L’on peut donc en déduire que si il n’y aucun héritage des fonctions de Mohamed quant à sa lignée, nul homme après lui ne peut d’une manière ou d’un autre être son hériter.
Du reste, tous les hadiths qui ont été mis au service de cette accaparation politique du pouvoir par une famille sont apocryphes, et sont de toute manière invalidés de principe par le segment du verset 40 que nous venons d’étudier.

Médine

... Aujourd’hui, J’ai complété votre religion, parfait Mes bénédictions sur vous, et J’ai décrété la perfection comme religion pour vous...
Coran sourate 5 verset 3


L'INVENTION DE L'ÉCRITURE CUNÉIFORME PAR LE CALAME :

D'abord taillé dans un morceau de roseau ou de bois, il servait à imprimer des signes cunéiformes (en forme de coin) dans l'argile frais chez les Sumériens.
Le calame du grec [calamos] est un roseau taillé en pointe dont on se sert pour l'écriture : à sec sur des tablettes d'argile.
Il a donné sa forme caractéristique à l'écriture cunéiforme : de petits triangles fruits de l'enfoncement du calame dans l'argile tendre trempé dans une encre, sur un papyrus, un parchemin, un papier ou tout autre support.

La calligraphie arabe utilise encore le calame [qalam] bien qu'en arabe moderne, qalam signifie également crayon ou stylo.
Il est probable que d'abord utilisé comme instrument de gravure dans l'argile, son utilisation avec de l'encre est postérieure ; elle a ensuite donné lieu au développement de la plume d'écriture.
L’écriture cunéiforme est un système d'écriture mis au point en Basse Mésopotamie entre 3 400 et 3 200 avant JC, qui s'est par la suite répandu dans tout le Proche-Orient ancien, avant de disparaître dans les premiers siècles de l'ère chrétienne.
Au départ pictographique et linéaire, la graphie de cette écriture a progressivement évolué vers des signes constitués de traits terminés en forme de coins, auxquels elle doit son nom, cunéiforme, qui lui a été donné aux XVIIIème et XIXème siècles. Cette écriture se pratique par incision à l'aide d'un calame sur des tablettes d'argile, ou sur une grande variété d'autres supports.

Les conditions d'élaboration de cette forme d'écriture, qui est la plus vieille connue avec les hiéroglyphes égyptiens, sont encore obscures. Quoi qu'il en soit, elle dispose vite de traits caractéristiques qu'elle ne perd jamais au cours de son histoire.
Le système cunéiforme est constitué de plusieurs centaines de signes pouvant avoir plusieurs valeurs. Ils sont en général des signes phonétiques (phonogrammes), transcrivant uniquement un son, plus précisément une syllabe. Mais une autre catégorie importante de signes sont les logogrammes, qui représentent avant tout une chose et ne renvoient que secondairement à un son.

le calame l'écriture cunéiforme

Lis, et ton Seigneur, le Plus Exalté. Enseigne au moyen de le calame/la plume [ qalam ].
Il enseigne à l’homme ce qu’il n’a jamais su.
Coran sourate 96 verset 3 à 5


DES MOTS SYRO-ARAMÉENS COMPOSENT LE CORAN ?

Je tiens à préciser que ce développement a pour objectif de rendre plus clair la compréhension de certains mots dans le Coran et n'attribut donc nullement une récupération de textes antérieurs.
Les mots coraniques qui embarrassaient les commentateurs, les tournures de ce texte qui frisaient le 'mauvais arabe' ne sont pas du mauvais arabe mais du bon araméen (ou du syro-araméen).
Culturellement, il convient de parler d’une langue arabo-syro-araméenne à laquelle Mohamed eut recours pour transmettre son message, vu que l’arabe était éparpillé en dialectes et était peu standardisé.
Il a fallu attendre l’oeuvre des Grammairiens Si Bouwayh et Al Khalîl Ibn Ahmed pour que cette fixation des dialectes arabes en une langue classique soit enfin parachevée.

Or, à l’époque du prophète, il y’avait soit des dialectes arabes, soit la langue lithurgique syro-araméenne qui a servi à la christianisation de ces populations.
Des indices historiques tendent à accréditer cette thèse de l’arabo-araméen (le Prophète aurait conseillé à ses scribes, dont Hassan Ibn Thabit, de maîtriser l’araméen et l’hébreu).
Mais c’est surtout le texte coranique lui-même qui en garde une trace indélébile au travers les mots et les expressions syro-araméennes qu’il recèle.

Christoph Luxenberg : "À cette époque, il n’y a avait pas d’écoles arabes – excepté probablement, dans les centres urbains chrétiens de al-Anbar et al-Hira dans le Sud de la Mésopotamie, dans ce qui constitue aujourd’hui l’Irak. Les Arabes de cette région avaient été christianisés et instruits par des chrétiens de Syrie. Leur langage liturgique était syro-araméenne. Cette langue était le véhicule de leur culture et plus généralement la langue de la communication écrite."

Cette Écriture est infaillible ; un phare pour les justes...
Coran sourate 2 verset 2


Au commencement du IIIème siècle, les chrétiens de Syrie ne se contentaient pas de porter leur mission évangélique aux pays limitrophes, comme l’Arménie ou la Perse.
Ils allaient jusque dans des contrées éloignées, jusqu’aux confins de la Chine et la côte Ouest de l’Inde, en plus de la totalité de la péninsule arabique, jusqu’au Yémen et l’Éthiopie.
Il est ainsi plus probable que, en vue de porter le message chrétien aux peuples arabes, ils aient utilisés, entres autres langues, la langue des Bédouins, c’est-à-dire l’arabe.
Afin de répandre les Évangiles, il leur fut nécessaire d’utiliser un mélange de langues.

Mais à une époque où l’arabe était un ensemble de dialectes qui n’avaient pas de forme écrite, les missionnaires n’avaient pas d’autre choix que de recourir à leur propre langue littéraire et à leur propre culture, c’est-à-dire au syro-araméen.
Le résultat fut que la langue du Coran est née dans une langue arabe écrite, qui cependant était une langue dérivée de l’arabo-araméen.

Nous leur donnerons de merveilleuses épouses [ zawajnahum ] des houris [ ḥūri ] aux grands yeux.
Ils y jouiront de toutes sortes de fruits, dans une paix parfaite.
Coran sourate 44 verset 54 - 55


    HOURIS VS RAISINS :
  • sourate 52 verset 20 : "accoudés sur des lits bien rangés, et Nous leur ferons épouser des houris aux grands yeux noirs..."
  • sourate 55 verset 72 : "des houris cloîtrées dans les tentes..."
  • sourate 56 verset 22 : "Et ils auront des houris aux yeux, grands et beaux..."

Le mot 'houris' de l'arabe phonétique [ ḥūr ] a été traduit par l’équivalent de 'très belles femmes vierges aux grands yeux', qui seraient la rétribution réservée dans l’au-delà aux bons croyants.
C'est à se demander, qu'en est-il pour les croyantes (femmes) ?
Le mot [ ḥwrʾ ] est syro-araméen et signifie dans cette langue 'blanc', 'pur'.
Le raisin était un symbole d’abondance et de délice.
Et comme le Coran était dépourvu de signes diacritiques, ils se sont trompés dans les signes diacritiques ajoutés de ce passage.

Les justes ont mérité une récompense. Des vergers et des raisins. Des époux magnifiques. De délicieuses boissons.
Coran sourate 78 verset 31 à 34


... et des (belles aux seins) arrondis, d'une égale jeunesse...
Preuve évidente que ce verset ci-dessus a mal été traduit dans d'autre traduction du Coran car nous sommes maintenant, en présence de détail ayant une connotation sexuelle...

Au verset 54, il fallait lire [ rawajnahum ] au lieu de [ zawajnahum ], le point sur le [ rāʾ ] ayant été faussement ajouté.
De plus, en arabo-araméen, le [ bi ] signifie 'parmi' ou 'sous' et les signes diacritiques du mot [ ‘ayn ] sont aussi mal ajoutés : il fallait lire [ eanab ] à la place de [ eayan ].

Le texte devient alors : [alhuri ‘inabine] ou [ruhnahum bihur eanab] signifiant alors "des raisins d’un blanc éclatant."
La traduction que propose Luxenberg est alors : "Nous les installerons confortablement sous des (raisins) blancs, (clairs) comme le cristal."

Parmi eux, il y a ceux qui fourchent leurs langues pour imiter l’Écriture afin que vous puissiez penser que cela vient de l’Écriture, alors que cela ne vient pas de l’Écriture,
et ils prétendent que cela vient de Dieu, alors que cela ne vient pas de Dieu. Ainsi, ils débitent des mensonges et les attribuent à Dieu, sciemment.
Coran sourate 3 verset 78


Ce passage coranique ci-dessus, compris jusqu’à présent comme Mohamed est le sceau des prophètes et le dernier d’entre eux, devient quand il est éclairé par l’arabo-araméen, Mohamed est le témoin des prophètes qui l’ont précédé.
Le Prophète n’entend donc pas effectuer une rupture avec ses prédécesseurs, mais simplement les continuer et témoigner de la vérité de leur message.
Luxenberg va plus loin en soutenant que Mohamed n’entendait faire rien de plus qu’adapter aux arabes de son époque le message de la Mère du Livre ['Um al Kitab].
La Mère du Livre fait lui-même référence à l'Ancien Testament et le Nouveau Testament.

ÉTYMOLOGIE DE LA RACINE SLM :

Quand son Seigneur lui dit : "soumets-toi", il dit : "Je me soumets au Seigneur des mondes."

En arabe phonétique :

'Idh Qāla Lahu Rabbuhu 'Aslim Qāla 'Aslamtu Lirabbi Al-`Ālamīna
Coran sourate 2 verset 131


le mot arabe ['Aslim] qui a pour étymologie araméen [şlmʼ] qui signifie perfection, être parfait, intègre
Aujourd'hui encore, on trouve des villages qui parlent encore araméen (la langue ds Jésus) comme le village montagneux de Maaloula, en Syrie.

Lorsqu'Abram fut âgé de quatre-vingt-dix-neuf ans, l'Eternel apparut à Abram, et lui dit : Je suis le Dieu tout-puissant. Marche devant ma face, et sois intègre.

ַיְהִי אַבְרָם, בֶּן-תִּשְׁעִים שָׁנָה וְתֵשַׁע שָׁנִים; וַיֵּרָא יְהוָה אֶל-אַבְרָם, וַיֹּאמֶר אֵלָיו אֲנִי-אֵל שַׁדַּי--הִתְהַלֵּךְ לְפָנַי, וֶהְיֵה ותָמִים.
Bible Genèse 17 verset 1 – 2


[ותָמִים : tamim] mot hébreu signifiant 'intègre'
Le mot 'musulman' de l'étymologie arabe [ muslim = مسلم ] : ou en hébreu [ mochlim = מושלם ] qui veut dire 'être parfait' un sorte de maitrise de soi et non pas 'soumis' comme certains le suppose car rappelez-vous que Dieu nous a donné le don du libre arbitre (c'est-à-dire le pouvoir de choisir), ce qui par de ce fait ne peut pas signifier 'soumission' qui va à l'encontre totale, de vivre sa vie, selon son choix et non pas selon une loi !

Ô adeptes de l’Écriture, pourquoi argumentez-vous au sujet d’Abraham alors que la Torah et l’Évangile n’ont été révélés qu’après lui ? Ne comprenez-vous pas ?
Coran sourate 3 verset 65


En sens littéral et premier, le mot 'juif' renvoie à la filiation à Juda, l'un des douze fils d'Israël, quant au mot 'chrétien', même en son sens littéral il renvoie au Christ donc Jésus-Christ.
Or il est évident que ces deux sens littéraux ne s'appliquent pas à Abraham, différemment du sens littéral de [ MSLM ] musulman signifiant 'être parfait'.
Étant donné que l'Islam n'est apparu que bien après Abraham, donc de par ce fait le mot islam ou [ şlmʼ ] se traduit plutôt par 'perfection' ce qui nous donne,
la religion du monothéisme pur est la religion de la perfection C.Q.F.D. !

[ şlmʼ= שלמא ] : mot arméen signifiant 'perfection'
Pour voir le sens vrai de la racine [slm], il faut connaître le sens populaire donné à celle-ci par une communauté qui aurait utilisé la racine [ SLM ] dans ce sens de soumettre à Dieu lorsque fut faite la propagande dont rendent compte beaucoup de feuillets coraniques primitifs !
Évidemment, si l’on imagine que cette communauté est celle des mecquois, la question reste d’autant plus sans réponse que, de toute façon, l’arabe coranique n’était pas la langue qu’ils parlaient…
C’est par l’araméen/syriaque ou syro-araméen que la question trouve sa réponse : on y trouve les diverses formes de la racine [ şlmʼ ] correspondant à celles du Coran.

syro-araméen

Il a fait descendre sur toi cette Écriture, en toute vérité, confirmant toutes les Écritures précédentes, et Il a fait descendre la Torah et l’Évangile
Coran sourate 3 verset 3

ETYMOLOGIE EN ARAMÉEN ET EN ARABE :

  • [ ṣlwtʾ ou ܨܠܘܬܐ ] signifie prière en araméen <======> [ sala ou صلاة ] signifie prière en arabe
  • [ ṣwmʾ ou ܨܘܡܐ ] signifie le jeûne en araméen <======> [ siam ou صيام ] signifie le jeûne en arabe
  • [ Qwrʾn ou ܩܘܪܐܢ ] signifie Coran en araméen <======> [ Quran ou القرآن ] signifie Coran en arabe
  • [ lh ou ܐܠܗܐ ] signifie Dieu en araméen <======> [ allah ou الله ] signifie en arabe
  • [ mlʾkʾ ou ܡܠܐܟܐ ] signifie ange en araméen <======> [malak ou ملاك ] signifie ange en arabe
  • [ nbyʾ ou ܢܒܝܐ ] signifie Satan en araméen <======> [ nabiin ou نبي ] signifie Satan en arabe

Qui découle de la racine [sṭnʾ], qui signifie 'détourner quelqu’un de son intention' que l’on retrouve un verbe à consonance identique en hébreu, syriaque ou arméen, langue sémitique.
On y a mis en romain les vocables qui font problème dans la sourate 108 :
En français : "Nous t'avons certes, accordé l'abondance. Accomplis la prière rituelle pour ton Seigneur et sacrifie. Celui qui te hait sera certes, sans postérité."
En phonétique arabe : "Inna a’taynaka alkawthara Fasalli lirabbika wainhar Inna shani-aka huwa al-abtaru"

Plusieurs chercheurs occidentaux reconnaissent que cela n'a aucun sens.
Les exégètes musulmans, eux, manifestent leur embarras ; la rime et le mystère du sens, ils y voient pourtant une merveille.

  • Il rappelle que le mot [kawthar] en syriaque est [kuttara] qui signifie 'persévérance' ou 'détermination'.
  • Le mot arabe [inhar] qui semble être traduit par 'sacrifie' viendrait du mot syriaque [njjar] qui signifie 'continuité' ou 'endure'.
  • Enfin, le mot [abtar] - [al'iiftar] doit être ré-écrit en [atbar] - [atabar] problème de signes diacritiques faussement posés sur le mot qui viendrait du verbe syriaque [tabur] -
    [tbar] et qui signifie 'être vaincu'.

Finalement, la majorité d’entre eux considèrent que [kawthar] est le nom d’un fleuve du paradis...
Tandis que dans la lecture syro-araméenne, cela deviendrait :
"Nous t’avons donné la persévérance ; Prie donc ton Seigneur et endure ; Celui qui te méprise sera certes, vaincu."

Il faut rappeler que le Coran est un texte écrit en un ensemble de consonnes dépourvues de signes diacritiques et donc de voyelles.
Le rajout de ces signes et des voyelles est en fait, en soi, une première opération interprétative.
Ensuite, le réflexe le plus naturel pour interpréter le difficile langage des sourates consiste à plonger dans l’un des commentaires classiques de l’exégèse musulmane, à pêcher ainsi du prêt-à-porter interprétatif, sans nulle distance critique.
Par la suite, bien sûr, on pourra plus ou moins agrémenter le tout de hadiths - Or, c’est là où le bât blesse.
Cette confiance aveugle en la connaissance linguistique d’exégètes venus plusieurs siècles après le Prophète s’avère problématique.
La difficulté ne vient pas seulement du fait que les commentateurs présentent généralement, dans un souci d’exhaustivité, plusieurs interprétations d’un seul passage, parfois jusqu’à une vingtaine, et contradictoires de surcroît.
Il vient surtout de leur ignorance de l’arabo-araméen, disparu car suppléé par la nouvelle langue du culte musulman, mais resté indélébile dans le texte même du Coran.
Cette ignorance les a engagé à faire des efforts colossaux pour rendre clairs les versets les plus controversés : au final, ils n’ont produit que des rationalisations plus ou moins sophistiquées et des mirages d’explication exégétique.

LE CORAN RÉVÉLÉ EN LANGUE CLAIRE POUR L'HUMANITÉ :

Pour ceux qui se instaurent un mur entre le croyant et l'Islam en prétendant que pour être un musulman il faut adopter un prénom arabe, parler obligatoirement l'arabe - tout ceci est un mythe sunnite car c'est oublier que
le Coran a été révélé à l'humanité entière pas uniquement au peuple arabe !
De plus, pour rappel historique, le père d'Ismaël qui n'est autre qu'Abraham était hébreu et sa mère Agar était égyptienne et pas arabe puisque l'Égypte est devenu arabe après les conquêtes musulmanes vers l'an 639 / 642 de l'ère chrétienne.
Certains de ses mentions ne se réfèrent pas à la langue arabe, mais à la communication prophétique :


    ÉCRITURE VS LANGUE

  • sourate 28 verset 34 : "Mais Aaron, mon frère, est plus éloquent que moi. Envoie-le donc avec moi comme auxiliaire, pour déclarer ma véracité..."
  • sourate 19 verset 97 : "Nous l’avons rendu facile en ta langue, afin que tu annonces par lui la bonne nouvelle aux gens pieux..."
  • sourate 44 verset 58 : "Nous ne l’avons facilité dans ta langue, qu’afin qu’ils se rappellent !"

  • sourate 54 verset 17 : "En effet, Nous avons rendu la récitation facile pour la méditation. Y a-t-il quelqu’un pour réfléchir ?"
  • sourate 12 verset 2 : "Nous l'avons fait descendre, une récitation/lecture en arabe, afin que vous raisonniez."
  • sourate 41 verset 3 : "Un Livre dont les versets sont détaillés, une récitation arabe pour des gens qui savent..."

Dans la sourate 20 verset 27
où Moïse déclare : "et dénoue un nœud en ma langue... " et aussi le passage de la sourate 28 verset 34 : "... Mais Aaron, mon frère, est plus éloquent que moi..."
L'expression [lisan 'arabi] figure dans le Coran [lşnʼ] avec le sens métaphorique de langue, c'est-à-dire de parole.
Il n'est pas dit qu'il est en arabe ou en langue arabe mais il semble déclarer qu'il est dans une langue claire [mubîn]
Les raisons pour lesquelles le Coran insiste tant sur la qualité et la valeur de sa propre langue paraissent polémiques et apologétiques.
L'argument de son caractère arabe est à mettre en relation avec :


Nous n’avons envoyé de messager que (pour prêcher) dans la langue de son peuple, afin de clarifier les choses pour eux.
Dieu égare ensuite quiconque Il veut et guide quiconque Il veut. Il est le Tout-Puissant, le Plus Sage.
Coran sourate 14 verset 4


Cette déclaration qui met l'accent sur la langue du messager et de son peuple peut-être entendue comme une expression de la nature ethnocentrique de cette mission prophétique mais aussi comme une preuve divine de son universalité.
Mais en revenant régulièrement sur sa langue, le Coran répond aux accusations qui furent adressées à Mohamed :


Nous sommes pleinement conscients qu’ils disent : "Un être humain lui enseigne !"
La langue de la source à laquelle ils font allusion est non-arabe, et ceci est une parfaite langue arabe.
Coran sourate 16 verset 103


La langue [lşnʼ] de celui qu'ils veulent insinuer est une langue barbare, et vous voyez que le Coran est un Livre arabe clair.

La traduction phonétique de la sourate 26 verset 195 à 197, habituellement donnée de [Bilisānin `arabīyin mubīnin] en français :
"... Dans une parfaite langue arabe. Elle a été prophétisée dans les livres des générations précédentes. N’est-ce pas un signe suffisant pour eux qu’elle était connue des érudits parmi les Enfants d’Israël ?"
Ceci doit être examinée de près et dans le contexte dans lequel nous avons trouvé l’expression plus haut.
Tout d’abord [mubīn] est le participe actif de la forme verbale [abâna], que l’on comprend comme : 'rendant les choses claires', et c’est ainsi que le comprennent les autres.
C’est une telle compréhension que suggère aussi la sourate 14 du verset 4 qui utilise la forme [bayyina] :
"Nous n’avons envoyé de messager que (pour prêcher) dans la langue de son peuple, afin de clarifier les choses pour eux..."
le Codex de Samarcande
Comment Dieu aurait-il pu faire descendre sur Terre un Livre dans la langue arabe dont l’écriture n’existait pas encore au début du VIIème siècle.
Cependant l'opposition adjectivale que l'on retrouve entre [agami] d'une part et [`arabīyin, Mubīn] d'autre part, a été entendue par la grande majorité des exégètes comme 'barbare' - non arabe et distincte [agami].
La Torah et les Psaumes sont en hébreu mais ils étaient expliqués/interprétés en araméen dans le targum ; l'Evangile était en syriaque dans le diatessaron.

Le plus ancien document coranique (Codex de Samarcande) manuscrit rigoureusement recensé, est conservé à la bibliothèque de la mosquée Telyashayakh dans le vieux quartier Hast-Imam de Tachkent (Ouzbékistan), qui date avant la fin du VIIIème siècle ou le début du IXème siècle.
Faut-il alors comprendre que tous les peuples sur Terre doivent se mettre à l’étude de l’arabe pour devenir d’authentiques musulmans ?
Dieu méprise-t-Il toutes les autres langues qu’il a permis aux autres hommes de parler ?
Et pourquoi le Coran reconnaît-il l’hébreu et l'araméen biblique ?
Pourquoi le calife Othman a ordonné de tout détruire les supports qui ont servi à écrire les versets coraniques, pourquoi brûler ce patrimoine historique et divine ?
À moins que ce ne soit Satan qui serait à l’origine de toutes les langues en dehors de l’arabe ?
De deux choses, l’une : soit l’arabe du Coran est simple et parfaitement clair et est donc facilement traduisible dans n’importe quelle autre langue.
Et il est absolument inutile d’apprendre l’arabe pour être un bon musulman.
Soit on se retrouve face à un dilemne puisque le Coran nous dit qu’il est écrit "en langue très claire" ?

Les premiers Coran écrits en un arabe primaire (absence de points diacritiques) sont sujets à des interprétations et ne sont en rien des traductions précises et fidèles des originaux (en nabatéen ou en syro-araméen) qui ont été détruits. Le calife, Othman, qui a fait brûler les premiers Coran en nabatéen fait donc mentir ce passage coranique en affirmant qu’Il a fait descendre un livre en arabe clair.

Il traite également de la sourate invoquée pour le port du voile.
Philologue sémitique averti, Luxenberg présente une nouvelle lecture du texte du Coran, y compris de celui de la sourate qui concerne le port du voile.
Certes, il n’est pas le premier philologue à le faire, tout en soumettant à critique les lectures conventionnelles du Livre Sacré.
Luxenberg est le seul à maîtriser les variantes régionales des langues sémitiques anciennes et actuelles, ce qui lui a permis de procéder à une enquête philologique unique et complète du texte du Coran.

Pour tenter de montrer que le Coran est dans une langue douce, coulante, manifeste, distincte et claire [sahl, layyin, wâḍiḥ]
Car la langue des Quoraïchites est douce, coulante et distincte, alors que celle des autres arabes est inusuelle, obscure et non raffinée [waḥshî].
Ici, une étape supplémentaire a été franchie, mais elle l’avait été déjà bien avant, en direction de la soi-disant supériorité de la langue des Quoraïchites et la nature réputée quoraïchite de celle du Coran.

Nous l’avons fait descendre un Coran (ou : une Lecture, une Récitation) arabe.
Comme nous l’avons vu, [mubîn] signifie 'rendre clair, limpide', est en totale opposition avec une lectionnaire en langue étrangère.
Les doctrinaires islamiques conventionnels réagissent avec passion et énervement parce que Luxenberg relit le Coran d’une manière entièrement nouvelle, en reconstruisant les racines syro-araméennes du squelette (mots sans voyelles) du codex de Samarcande (Coran de Othman).
Un exemple pour mieux comprendre ce point de vue, si nous prenons cette phrase : "Donc, je prends mon café et mon jus d'orange à la maison !"
Logiquement on identifie deux mots d'origine arabe : café [qahwa] et orange [naranj],
Et un mot d'origine latin : maison [mansiōnis] pourtant cette phrase ci-dessus est actuellement admise comme une langue française.

Certainement, les romains seront vaincus.
Dans la terre la plus proche. Après leur défaite, ils se lèveront à nouveau et gagneront.
Dans plusieurs années. Telle est la décision de Dieu, à la fois dans la première prophétie, et la seconde. Ce jour-là, les croyants se réjouiront.
Dans la victoire de Dieu. Il accorde la victoire à qui Il veut. Il est le Tout-Puissant, le Plus Miséricordieux.
Telle est la promesse de Dieu – et Dieu ne rompt jamais Sa promesse – mais la plupart des gens ne savent pas.
Coran sourate 30 verset 2 à 6


Le point de vue islamique part du principe que le Coran a été révélé par Mohamed au VIIème siècle, et que, depuis, il est demeuré inchangé.
Or les recherches sur le texte coranique ont bel et bien prouvé que le texte trouvait ses origines au VIIème siècle, ce qui est indiscutable, mais que sa forme actuelle date en fait du Xème siècle.
L’évolution de l’écriture arabe joue un rôle très important dans les avatars du texte coranique ; première remarque de Luxenberg, l’écriture arabe n’existait pas au moment de l’émergence du Coran.
Certes, la langue arabe existait, mais, pour la transcription, il a fallu faire usage de la langue syro-araméenne, qui, à l’époque, était tout aussi importante que le sera le latin en Europe quelques siècles plus tard.

Les tribus arabiques se sont rapidement répandues dans les espaces conquis, ce qui a entraîné la prise de conscience d’une conscience identitaire arabe, qui avait besoin d’un système d’écriture propre, lequel devait être créé sur base de l’écriture syro-araméenne.

COMPRENDRE LA PRATIQUE PRÉ-ISLAMIQUE POUR EXPLIQUER DES ÉTYMOLOGIES :

La tâche des lettrés musulmans a résidé en ceci : présenter le Coran dans une forme écrite, enfin achevée, en introduisant a posteriori les points diachroniques manquants dans le texte, afin de rendre toute interprétation erronée impossible.
Mais là s’est posé un problème : les lettrés islamiques du Xème siècle ne connaissaient plus les racines syro-araméennes des mots.
C’est ainsi que certains passages du Coran paraissent étonnantes.
La communauté savante des coranologues évoque alors des passages obscurs.
L’un de ces passages obscurs se trouve dans la sourate 24, que les gardiens de la foi islamique considèrent comme un indice important pour ordonner le port obligatoire du voile.


Et dis aux croyantes de baisser les yeux, et de maintenir leur chasteté.
Elles ne révéleront pas de parties de leurs corps, hormis ce qui est nécessaire. Elles couvriront leurs poitrines, et ne relâcheront pas ce code en présence d’autres que leurs maris,
leurs pères, les pères de leurs maris, leurs fils, les fils de leurs maris, leurs frères...
Elles ne frapperont pas des pieds lorsqu’elles marchent afin de secouer et révéler certains détails de leurs corps...
Coran sourate 24 verset 31


La traduction littérale du texte arabe de ce passage du verset 31 serait :
"... Elles couvriront leurs poitrines..." en arabe phonétique : "Wa Līađribna Bikhumur ihinna `Alá Juyūbihinna"
Les lettrés coraniques ont toujours eu du mal à interpréter ce passage difficile, si bien qu’ils se sont entendus pour en donner une réadaptation unitaire, que l’on peut traduite comme suit :
"Elles doivent rabattre leurs châles au-dessus de leurs poitrines."
Cette phrase est étrange, sonne drôle, ce qui a induit Luxenberg à s’interroger sur sa signification, surtout en se penchant sur trois mots problématiques dans le texte originel :


khimar
[khumur] mot utilisé qui sert à cacher l'échancrure car s'il laisse l'habit s'ouvrir ou tomber, laissera paraître les parties intimes.
Le mot [khumur pluriel de khimar] était totalement inconnu des lettrés coraniques du Xème siècle.
Pourtant, il existe en arabe un mot similaire, qui signifie 'rabattre' et dont ils se sont aidés.
le mot [Juyūb] traduit habituellement par 'poitrine' est littéralement la fente des vêtements en syriaque.

Le passage obscur, après ce travail de défrichage, devrait se traduire ainsi :
"Elles doivent rabattre leurs châles au-dessus de leurs poitrines."

De cette façon, le commandement de porter un châle devient :
"Elles doivent (rabattre/ramener) leurs (châles) au-dessus de leurs poitrines.'
Les femmes du temps de l'ignorance ne faisaient pas ainsi.
Au contraire, la femme sortait au milieu des mâles les seins nus sans les couvrir de quoi que ce soit. Parfois elles exhibaient leurs cous, leurs tresses et leurs boucles d'oreilles.

Ṣaẖr écrit à propos de sa soeur : "Dieu m'est témoin que je ne tente pas à réfuter ses erreurs. Or c'est là la meilleur preuve de sa pudeur..."
Même lorsqu'elle périt et que son khimar se déchire, elle prend de ses cheveux sur sa poitrine.
Ici, le poète vante la pudeur de sa soeur qui est décrite comme ayant pris de ses cheveux sur la poitrine même sur le chevet de la mort lorsque son khimar s'est déchiré.

Si le khimar était un ustensile devant cacher les cheveux comme soutenu par les traditionalistes, la poitrine ne serait pas dénudée quand celui-ci se déchire, et utiliser ses cheveux pour dissimuler ses seins perdrait son sens si les seins étaient déjà apparents avant le déchirement du khimar.
Si le khimar devait cacher les cheveux, il serait incohérent pour sa soeur de prendre ses cheveux qui se découvrent sur la poitrine déjà nue.
Il ressort donc de ce poème que lorsque le khimar se déchire, ce ne sont pas les cheveux qui se dénudent mais les seins, et celle-ci prend de ses cheveux sur ses seins pour des dissimuler par pudeur.
Que le khimar cachait les seins de sa soeur est selon ce poème très explicite.

Cela va à contresens de la thèse traditionnelle soutenant que le khimar servait initialement à couvrir les cheveux, sans couvrir la poitrine.
De même que ce poème le montre clairement, le terme 'khimar' semble avoir été usité chez les arabes avant la période islamique.
Notre avis critique est que ce qui est visé ici devait être un genre de châle, car l'abondance des textiles et les longues traines étaient à l'époque un signe de noblesse et de richesse.
Selon les ouvrages d'exégèse anciens, à l'instar de celui d'ibn Kathir, les femmes arabes demeuraient les seins découverts avant le verset du khimar et d'autres historiens rapportent que lorsque le verset du khimar a été transmis, ces dames aux seins nus ont découpé leurs izar (drap couvrant exclusivement le bas du corps) pour voiler leurs parties supérieures.

Sourate Joseph 12 verset 16 : "Et ils vinrent à leur père, le soir, en pleurant." ce qui donne en arabe phonétique : "Wa Jā'ū 'Abāhum `Ishā'an Yabkūna"
Luxenberg remarque que le mot arabe [`Ishā'] expliqué par Tabari et repris par tous les commentateurs est 'soir' ou 'nuit'.
Il remarque surtout que dans tous les autres versets du Coran où il y a le mot nuit le mot arabe utilisé est [`Ashīyā] :

  • sourate 19 verset 11 :
    "Il sortit donc du sanctuaire vers son peuple ; puis il leur fit signe de prier matin et soir."
    "Fakharaja `Alá Qawmihi Mina Al-Miĥrābi Fa'awĥá 'Ilayhim 'An Sabbiĥū Bukratan Wa `Ashīyāan"

  • sourate 19 verset 62 :
    "On n'y entend nulle parole insignifiante ; seulement : 'Paix' ; et ils auront là leur nourriture, matin et soir."
    "Lā Yasma`ūna Fīhā Laghwan 'Illā Salāmāan Wa Lahum Rizquhum Fīhā Bukratan Wa `Ashīyāan"

  • sourate 30 verset 18 :
    "A Lui toute louange dans les cieux et la Terre, dans l'après-midi et au milieu de la journée."
    "Wa Lahu Al-Ĥamdu Fī As-Samāwāti Wa Al-'Arđi Wa `Ashīyāan Wa Ĥīna Tužhirūna"

  • sourate 40 verset 46 :
    "le Feu, auquel ils sont exposés matin et soir. Et le jour où l'Heure arrivera (il sera dit) : 'Faites entrer les gens de Pharaon au plus dur du châtiment'."
    "An-Nāru Yu`rađūna `Alayhā Ghudūwāan Wa `Ashīyāan Wa Yawma Taqūmu As-Sā`atu 'Adkhilū 'Āla Fir`awna 'Ashadda Al-`Adhābi"

Par conséquent, en considérant que la [hamza] (est un signe de l'alphabet arabe) n'existait pas sur les premiers manuscrits et que le mot original est [easa] et en suivant sa méthode expliquée plus haut, Luxenberg a proposé une autre manière de mettre les signes diacritiques [tanqit] sur ce mot qui devient [shsha] "tricherie".
Ainsi, le nouveau mot se marie très bien dans le contexte (la tricherie) de cette histoire racontée dans sourate 12.

Selon la tradition islamique, le calife Othman aurait fait réaliser des copies de sa vulgate et les aurait expédiées dans les principales villes de l'empire : à la Mecque, Bassora, Koufa et Damas.
Pourquoi donc n'en a-t-on découvert aucun exemplaire ?
Pourquoi avoir brûlé tous les supports qui ont permis de compiler le Coran.


Sachez que cette vie terrestre n’est rien de plus qu’amusement et jeux,
et vantardise entre vous, et accumulation d’argent et d’enfants [ baynakoum ].
Coran sourate 57 verset 20


---------- ou ----------

Enjolivés pour les gens sont les plaisirs de ce monde
tels que les femmes, avoir des enfants [ An-Nisā' wa Al-Banīna ], des tonnes et des tonnes d’or et d’argent, des chevaux entraînés, des bestiaux et des récoltes.
Tout ceci est le matériel de ce monde. Une demeure de loin meilleure est réservée auprès de Dieu.
Coran sourate 3 verset 14


Dieu évoque à présent l’une des principales causes de conflit entre l’Islam et les infidèles : il s’agit de l’amour et l’attachement excessifs des choses matérielles.
Il est clair que ce passage a mal été traduit comment peut-on associer les femmes et les enfants à des choses enjolivées pour l'amour des biens de ce monde ?
N'est-il pas écrit "Enjolivés pour les gens..." et ce terme 'pour les gens' inclus logiquement toutes personnes comprenant les hommes mais également les femmes et les enfants qui peuvent aussi avoir ce penchant !

[an-nisa'] : il fallait le traduire par 'tout ce qui est nouveau','la technologie','à la mode' comme les soldes, les smartphones...
[al-banīna] : il fallait le traduire par 'les constructions'... car il s'explique par l'étymologie du mot araméen [ bnyn' = ܒܢܝܢܐ ].

"... Tout ceci est le matériel de ce monde..."
On nous dit que "tout cela est l'objet" doit-on comprendre que les femmes et les enfants sont des OBJETS de jouissance ?
On peut déjà comprendre que l’attachement pour ces éléments en lui-même n’est pas blâmable, car relevant de la nature humaine.
Ce qui est blâmable et condamné en Islam, c’est l’attachement excessif. Il n’a donc jamais été question pour les musulmans de mener une vie monastique.
A partir du moment où l’être humain accorde aux différents composants de son environnement la juste place qui leur revient, ceux-ci l’assisteront certainement dans son cheminement vers Dieu et le succès de la vie future.

"Puis-je vous apprendre quelque chose de meilleur que tout cela ?"
En poursuivant notre lecture au verset suivant (15) nous lisons : "... de meilleur que tout cela ?"
Alors là, c'est purement du dénigrement envers les femmes et les enfants, nous pouvons affirmer à 100% que ce passage est une mauvaise traduction !
C’est ce lien qui unit le cœur du croyant aux choses matérielles qu'un savant exprime si bien lorsqu’il compare le cœur humain à un navire et les choses matérielles à l’eau : La présence de l’eau autour du navire est indispensable pour la progression de ce dernier, mais il suffit que l’eau s’y engouffre pour que celui-ci soit perdu…
Les biens matériels ont été mis à la disposition de l’homme dans ce monde afin que celui-ci puisse les utiliser pour vivre une existence paisible et sereine, tout en menant à bien sa mission de gérance en ce monde. A ce titre, ils constituent un grand bienfait. Mais si les biens sont acquis de façon illicite et poussent vers le péché, ils représentent un mal indéniable.

LA DÉCOUVERTE DE CODEX DE SANAA, AU YÉMEN :
François Deroche
Le paléographe François Deroche : "La tradition islamique affirme qu'il a voulu fixer le texte afin d'éviter les divergences dans sa récitation. Or l'écriture hedjazienne d'alors, trop imparfaite, ne permet pas d'empêcher ces divergences. Au mieux, elle offre un support minimal, acceptable par les différents lecteurs."
Entre 1965 et 1972, des centaines de manuscrits ont été mis au jour lors des travaux de réfection de la Grande Mosquée de Sanaa.
Mais ce n’est que plus tard qu'ils se rendent compte qu’on n’a pas simplement mis la main sur un manuscrit (Codex Ṣanaa DAM 20-33.1) mais sur un palimpseste, c’est-à-dire sur un ouvrage où chaque ligne d’écriture en recouvre une autre, plus ancienne.
En se penchant sur la couche d’écriture la plus vieille, qui date de la seconde moitié du VIIe siècle après JC. Il a en effet la particularité de ne pas suivre l’ordre des sourates tel qu’il a été fixé par le calife Othman.
Le palimpseste de Sanaa n’est pas le seul à présenter des différences avec le texte officiel. La tradition musulmane reconnaît jusqu'à 14 lectures différentes du Coran, ou variantes mais le texte de base reste le même.

Or, s’étonne Juan Cole : "même dans les milieux de la recherche au Moyen-Orient, on n’en a que très peu entendu parler."
Et de conclure : "Il faut espérer que cette guerre stérile du Yémen se terminera le plus tôt possible, afin d’épargner des vies civiles et de sauver le patrimoine yéménite d’autres destructions..."
Les premiers, les plus célèbres, ont été trouvés en 1973,
lorsqu’il a fallu réparer le toit de la Grande Mosquée de Sanaa, endommagé par de fortes pluies.
C’est dans la cachette d’un faux grenier, que les ouvriers découvrent des amas de vieux parchemins rongés par le temps.
Comme dans la tradition juive qui conservait dans des guenizah, des sortes de cachettes, les textes sacrés inutilisés qu’on ne pouvait pas détruire, il semblerait que les musulmans aient voulu mettre là des vieilles copies du Coran.

François Déroche : "On part d’un texte qui est copié dans un premier temps, sans aucune notation des voyelles, avec très peu de signes pour distinguer les lettres : la diacritique."
Au lieu d’étudier le Coran à travers le discours tenu par les savants musulmans médiévaux, François Déroche s’est principalement attaché dans toute sa carrière à revenir aux manuscrits les plus anciens.
Selon ses termes, les recherches en paléographie (étude des écritures anciennes) et en codicologie (étude des manuscrits reliés en codex) du Pr Déroche s'apparentent à un véritable travail de détective puisqu’il s’agit de recenser et remettre en ordre des documents éparpillés dans le monde entier au gré des conflits qui n’ont pas manqué au cours de la longue Histoire de l’Islam et de sa confrontation avec le monde chrétien.

  • La sourate 24, qui se nomme 'la Lumière' au verset 33 fournit un exemple des libertés que prend le texte par rapport au canon.
    Là, où le Coran officiel prescrit : "... et donnez-leur des biens de Dieu qu’Il vous a accordés...", le palimpseste de Sanaa lui ne renvoie qu’un écho déformé et plus concret : "... et donnez-leur une partie de l’argent que Dieu vous a donné..."

Ses analyses font apparaître l’histoire complexe d’un ensemble de textes qui, aussi bien dans leur apparence que dans leur contenu, ont connu des évolutions.
Les Yéménites ont eu une attitude extrêmement constructive dans la mesure où nous sommes aujourd'hui en train de travailler sur ces textes découverts à Sanaa.
Ce sont les autorités yéménites qui ont donné accès à ces manuscrits alors qu’il avait été dit ici et là que cela remettait en cause les fondements de l’islam ; cela a été très exagéré par les médias...

Il faut retenir une chose positive : dans le monde musulman, à l’heure actuelle, il existe un réel intérêt pour le texte du Coran, afin de mieux comprendre des choses qui nous sont dites par la tradition musulmane. Ces documents étaient entreposés entre le toit et le plafond de la mosquée, on y a découvert quantité de manuscrits qui sont parfois tout à fait conformes au Coran de l’édition moderne dans le cas de Sanaa ; mais dans d’autres cas on a aussi des versions qui ne coïncident pas, ayant un ordre des sourates différent ou avec des textes qui diffèrent légèrement.
La notation des voyelles est restée longtemps imprécise. Il fallait que quelqu’un connaisse le texte et se serve de ce qui était écrit comme d’une sorte d’aide-mémoire pour le réciter correctement.
professeur Puin
Les manuscrits coraniques de Sanaa sont probablement les plus anciens jamais découverts à ce jour, puisqu’ils datent, selon les conclusions du savant allemand spécialiste de l'étude textuelle du Coran et sur l'étude et l'interprétation scientifique des manuscrits anciens Gerd Rüdiger Puin, des VIIème et VIIIème siècles, la période première de l’Islam.
Jusqu’alors il n’existait au monde que trois exemplaires aussi vieux du texte coranique : deux du VIIème siècle, conservés l’un à la bibliothèque de Tachkent, en Ouzbékistan, et l’autre à celle de Topkapi, à Istambul, et un troisième dit 'le manuscrit de Ma’il', daté de la fin du VIIème siècle et conservé à la British Library de Londres.

Le professeur Puin parvient à réaliser des microfilms de ces manuscrits, malgré les réticences très fortes du gouvernement yéménite qui a pressenti entre-temps les conséquences potentielles de ces trouvailles et ne souhaite plus tellement que leur contenu soit révélé au grand public.

C’est seulement près de 30 ans après la mort du prophète que le 3ème calife Othman, se rendant compte de divergences dans la récitation des versets coraniques, décide d’établir une recension unique du texte. Une fois cette vulgate établie, il l’expédie dans les plus grandes villes de l’empire islamique alors en pleine expansion, à Bassora, Damas, Koufa, La Mecque, et donne l’ordre de brûler toutes les autres versions qui circulent.
Or, les manuscrits de Sanaa révèlent d’autres choses, sur deux points essentiellement.
D’abord, certains passages contiennent des récits que les contemporains du prophète de l’Islam ne pouvaient pas connaître parce qu’ils n’appartiennent pas à la tradition arabe.

Ainsi, les manuscrits mentionnent deux tribus, les compagnons du puits [As-Sahab ar-Rass] et les compagnons des buissons épineux [As-Sahab al-Aïka], qui vivaient pour les premiers au Liban et les seconds en Égypte, au IIème siècle. Gerd Puin a été chassé du Yémen en 1983, les autorités du pays craignant la réaction des autres pays musulmans face aux résultats de ses recherches.
Durant l’été 2006, d’autres manuscrits coraniques ont été découverts à Sanaa, mais il a fallu attendre plusieurs mois avant que cette nouvelle soit rendue officielle.

palimpseste le Coran de Sanaa Qoran Kuran

Puis nous t’avons révélé cette Écriture, en toute vérité, confirmant les Écritures précédentes, et les supplantant.
Tu statueras parmi eux conformément aux révélations de Dieu, et ne suis pas leurs désirs s’ils diffèrent de la vérité qui est venue à toi.
Pour chacun de vous, nous avons décrété des lois et différents rites. Si Dieu avait voulu, Il aurait pu faire de vous une seule congrégation.
Mais Il vous met ainsi à l’épreuve à travers les révélations qu’Il a données à chacun de vous. Vous rivaliserez dans la droiture.
À Dieu est votre dernière destinée – à vous tous – alors Il vous informera de tout ce que vous aurez contesté.
Coran sourate 5 verset 48

T. Nöldeke était le premier à établir le lien entre le Nabatéen et l’écriture Arabe en 1865, qui a été plus tard confirmé par Grohmann contre la thèse Syriaque de J. Starcky.
L'affiliation entre le Nabatéen et l’écriture Arabe a été maintenant entièrement documentée par J. Healey qui dit : "Le développement de l’écriture Nabatéenne aux IIème, IIIème et IVème siècle est habituellement vu comme une progression de forme dérivée du premier araméen vers les formes à partir desquelles (cursif occidental) l’écriture proto-arabe s'est développée, bien que nous devrions tenir compte du point de vue de J. Starcky, basé en partie sur l'observation, que l’écriture Nabatéenne, à la différence du syriaque et de l’arabe, est essentiellement suspendue par une ligne supérieure, que l'origine de l’écriture arabe doit être cherchée sous une forme Lahmide de l’écriture Syriaque. Ce point de vue a été reçu avec peu d’égards. Actuellement, l'origine Nabatéenne de l’écriture arabe est presque universellement acceptée."


Les points diacritiques différencient les graphèmes ou les lettres qui se partageant le même squelette tel que le [ ح ] du [ ج ].
Mais regardons de plus près ce que nous pouvons gagner en compréhension en faisant l’étymologie du mot à partir des systèmes d’écriture sémitiques qui sont, bien entendu, plus anciens que l’arabe : Le mot [ 'akh : أخ ] trouverait racine dans le proto-sémitique.
Mais l’on peut faire l’étymologie du mot également à l’aide de l’hébreu ancien אָח [ ɑħ ], soit le même mot sans le point diacritique sur la lettre [ ḥāʾ ]. Il faut savoir que l’arabe s’écrivait à ses débuts (inspiré du syriaque) sans points sur quelques lettres et sans signes diacritiques.

Petite parenthèse ici :
si l’on prend le Coran - premier livre écrit en arabe - pour exemple, certains points diacritiques (nokate) et signes diacritiques (achakle) n’ont été rajoutés qu’ultérieurement, et n’étaient pas présents dans ses premières versions. On remarque visibles dans certains musées comme le musée Topkapi en Turquie, l’absence de signes et de certains points diacritiques présents dans la version contemporaine. Il faut savoir que l’ajout ou la suppression d’un point peut transformer complètement la signification d’un mot.

Bien entendu, il y a eu une évolution de la langue arabe mais comment savoir si l’on a pas oublié ou ajouté un point ou un signe par mégarde ?
Il me semble que si nous avions un système étymologique, nous n’aurions aucun doute sur la provenance des mots et la justesse des phrases.

Alain Jean-Mairet a relaté ici ses découvertes majeures.
Les descriptions climatiques, géologiques, géographiques et topographiques ne correspondent pas à La Mecque, mais parfaitement à Pétra, en Jordanie.
D’autres chercheurs estiment que c’est en Syrie que les événements décrits se sont déroulés et que les premières sourates ont été écrites.
La Mecque était au mieux un village. Il ne se situait pas sur la route des caravanes, alors que cet élément joue un grand rôle dans les récits islamiques.

Les premiers vestiges archéologiques et la mention de ce lieu sur une carte géographique datent de l'an 900.
On ne trouve pas non plus trace dans cette ville des trois déesses (Allat, Manat et Uzza) citées dans plusieurs versets, contrairement à leur présence attestée en Jordanie, en Syrie actuelle et dans le Nord-Ouest de l’Arabie Saoudite. Selon Patricia Crone, on ne trouve de La Mecque : "aucune mention, que ce soit en grec, en latin, en syriaque, en araméen, en copte, ou en une autre littérature composée en dehors de l’Arabie avant l’époque des conquêtes."

On ne lit jamais dans le Coran des expressions telles que "Obéissez à Dieu et obéissez à Mohamed", ou obéissez à Jésus, ou à Moïse.
Les mots utilisés sont toujours "obéissez au message/Message".
Cela souligne le fait qu'il faille obéir au message et non aux paroles ou opinions personnelles du messager.


Dis : "Le témoignage de qui est le plus grand ?"
Dis : "De Dieu. Il est le témoin entre moi et vous que ce Coran m’a été inspiré pour le prêcher à vous, et quiconque il atteint.
En vérité, vous témoignez qu’il y a d’autres dieux à côté de Dieu." Dis : "Je ne témoigne pas comme vous ; il n’y a qu’un seul dieu, et je désavoue votre idolâtrie."
Coran sourate 6 verset 19