CENTRAL INTELLIGENCE AGENCY :

LA C.I.A. EXCELLE DANS LA MANIPULATION MÉDIATIQUE :

L'agence centrale de renseignement, fondée en 1947 par le National Security Act, est marquée, entre autres, par la création de la Central Intelligence Agency (C.I.A.) qui est l'une des agences de renseignement les plus connues des États-Unis.
Basée à Langley, est sur la sellette après les révélations sur ses méthodes de détention et d'interrogation, disparitions, torture, notamment dans le camp de détention de Guantanamo.

Le précédent le plus célèbre est celui de la commission Church dans les années 1970.
Il avait enquêté sur des assassinats et tentatives d'assassinats pendant la guerre froide, l'opération Phoenix au Vietnam par exemple.
Mais on n'avait pas à faire, alors, à de telles violations des droits des prisonniers de guerre, à l'emploi systématique de la torture. Surtout, ces pratiques n'étaient pas décidées directement par la Maison Blanche comme c'est le cas ici.

Daniel Jones, un ancien du FBI. Il met en relief la différence de méthode du FBI et de la CIA.
Celle-ci emploie des techniques brutales : simulations de noyades, privations sensorielles, détenus cognés contre les murs, contraints à porter des couches pendant 48h...
Le rapport met surtout en relief, l'inutilité de ces pratiques.
Plusieurs détenus, dont le saoudien Abou Zoubaïdah (soupçonné d'être un haut responsable d'Al-Qaïda) ont été torturés pour rien pendant des semaines.
Les informations pertinentes les concernant étaient déjà connues grâce à des méthodes d'interrogation traditionnelles.

C.I.A. agence centrale de renseignement Guantanamo F.B.I.

Espionne très expérimentée dans les opérations clandestines, Gina Haspel a rejoint la CIA en 1985 et a servi dans plusieurs endroits du monde, notamment à Londres à la fin des années 2000.
Nommée en 2013 à la tête du Service national clandestin de la CIA, elle avait été remplacée après seulement quelques semaines, apparemment en raison de doutes sur sa responsabilité dans la mise en place après le 11 septembre 2001 (WTC) de prisons secrètes à l'étranger où des méthodes comme la simulation de noyade, assimilée à de la torture, étaient employées pour interroger les suspects.

Le Washington Post avançait à l'époque qu'elle avait géré une prison secrète en Thaïlande où les détenus étaient soumis à des simulations de noyade et à d'autres mauvais traitements.
Le quotidien américain affirmait que Gina Haspel avait aussi été impliquée dans la destruction en 2005 de vidéos compromettantes sur ces techniques d'interrogatoire poussé appliquées sur plusieurs détenus en Thaïlande.

Les États-Unis n’en finissent pas d’espionner, de torturer, et parfois en association avec le Royaume-Uni. Si on ajoute les Émirats Arabes Unis, c’est presque à croire que tous les pays qui se revendiquent 'unis', sont les pires oppresseurs…
Récemment, un rapport sur la torture accablait les États-Unis, qui gesticulaient pour essayer de surnager, en affirmant mensonges contre mensonges.
Les faits sont pourtant là : Guantanamo n’a pas été fermée, même si certains privilégiés ont désormais droit à un procès ; Abou Ghraïb a été lâché par les américains par obligation ?
En Afghanistan, la prison de Bagram a vécu le même destin que la précédemment citée (et pour les mêmes raisons).

La prison de Guantanamo (USA en territoire cubain), tout le monde connaît désormais ; petit rappel :
Le camp de Guantánamo se trouve sur la base navale de la baie de Guantánamo dans le Sud-Est de Cuba.
En 1994, les États-Unis fondent un camp de détention pour isoler les prisonniers haïtiens mêlés aux réfugiés du coup d'État.
C'est ce même camp, que l'on appelle aujourd'hui camp X-Ray qui commencera à accueillir les détenus (soi-disant) soupçonnés de terrorisme fin 2001.

Il est définitivement remplacé le 28 avril 2002 par le camp Delta.
Dans ce centre de détention militaire de haute sécurité, sont détenues des personnes qualifiées de combattant illégal, capturées par l'armée américaine dans les différentes opérations qu'elle mène à l'étranger (Afghanistan, Irak, Lybie...) contre des militants et terroristes islamistes.
Le choix de ce centre situé à Cuba sur une base militaire américaine a été justifié par le président George W. Bush afin de fonder juridiquement la décision de refuser de soumettre les détenus au système judiciaire fédéral américain, prenant appui sur l'extra-territorialité de la base.

Il y avait, à l'automne 2001, environ 750 détenus originaires d'une vingtaine de pays différents. En juin 2006, la Cour suprême des États-Unis a déclaré illégales les procédures judiciaires d'exception mises en place à Guantánamo.
Un décret présidentiel de George W. Bush autorise la détention sans limite et sans chef d'accusation, sur un territoire ne relevant pas théoriquement de la législation américaine.

Al Qaïda Daesh false flag attentat sous faux drapeau

La C.I.A. a aussi excellé à manipuler les médias...
L'un des journalistes les plus impliqués est Douglas Jehl, alors reporter au New York Times.
Il avait accepté de défendre le postulat de la CIA sur la nécessité de la torture, en échange d'informations supplémentaires. La complaisance de certains de mes confrères est désolante.
En 2002-2003, le New York Times, et le New Yorker ont relayé la thèse fabriquée par la CIA des liens entre le régime de Saddam Hussein et Al-Qaïda qui a permis de justifier l'intervention américaine en Irak.

Lors des premières révélations sur l'existence des 'sites noirs' (de détention secrète), en 2005, le Washington Post s'est abstenu d'indiquer les noms des pays d'Europe les abritant.
Certains responsables ont au contraire été récompensés, comme Alfreda Frances Bikowsky, la reine de la torture, qui a été promue à de plus hautes responsabilités sous le mandat de Barack Obama.

Donald Trump

Le 5 février 2003, vous avez prononcé à l'ONU votre célèbre discours sur les armes de destruction massive en Irak, dans lequel vous énonciez des preuves qui, pour la plupart, se sont révélées inexactes. Dix ans plus tard, vous écrivez dans votre nouveau livre que ce discours restera une tache dans votre carrière et que vous vous souvenez de ce 5 février aussi profondément que du jour de votre naissance.

Colin PowellPourquoi ?
- Il est très dur d'oublier un tel moment surtout quand on vous en parle chaque jour pendant 10 ans ! Depuis que j'ai découvert qu'un grand nombre d'informations que l'on m'avait fournies étaient inexactes, je ne cesse de me demander : qu'aurais-je dû faire pour éviter cela ? Pour ma défense, je dirais que je n'ai eu que trois jours pour préparer cette présentation et que nous avions un très grand nombre de documents à analyser.

Pourquoi seulement 3 jours ?
- Le problème était le suivant : le président Bush m'a demandé de présenter nos preuves à l'ONU à partir d'un texte rédigé par un conseiller du vice-président Cheney. Or, quand j'ai demandé aux services de renseignement des éléments concrets pour étayer certaines parties de ce document, ils m'ont répondu qu'ils n'avaient jamais vu ces informations-là ! Il fallait donc repartir de zéro et écrire un autre discours. J'ai dit au président que j'avais besoin de plus de trois jours, mais il m'a répondu qu'il avait déjà annoncé au monde la date de ce discours à l'ONU, qu'il ne pouvait pas la reculer.

Ne vous êtes-vous pas dit : on essaie de me manipuler ?
- Non, pas vraiment... Le bureau de Cheney, par exemple, insistait pour que je parle des liens supposés entre Saddam Hussein et Al-Qaïda, que le vice-président avait souvent évoqués. Mais, comme les éléments n'étaient pas probants, je ne l'ai pas fait. J'ai également très peu parlé du programme nucléaire.

Mais sur le reste aussi, le chimique et le biologique, les preuves étaient fausses.
- Oui, mais ce n'était pas un mensonge délibéré de ma part. Je croyais à ce que je disais. Tout le monde, le président, les membres du gouvernement et le Congrès y croyaient. Le président m'a choisi parce que j'étais le plus crédible vis-à-vis de la communauté internationale, mais, encore une fois, je ne faisais que transmettre ce que les seize agences de renseignement disaient. Et je pense que si vous aviez été à ma place et que vous aviez vu les documents que l'on m'a présentés vous auriez cru à tout cela, vous aussi.

- Evidemment je pensais que la CIA avait vérifié ses informations. Aussi, quand, quelques semaines plus tard, l'Agence nous a dit que l'information sur les laboratoires biologiques ambulants venait d'Allemagne et qu'aucun agent américain n'avait interrogé la source principale de ce canular, j'ai été stupéfait.

Propos recueillis à Washington par Vincent Jauvert - le Nouvel Observateur